La Région Ile de France soutient le semestre de la deuxième chance pour les étudiants de l’université Cergy-Pontoise

Le « semestre nouveau départ » à Cergy-Pontoise

Source iledefrance.fr

L’université socialement responsable est en marche dans le Val-d’Oise: elle permet aux étudiants en difficulté de se réorienter dès le milieu d’année.

À l’université de Cergy-Pontoise (95), sur 100 étudiants en première année de droit, 30 disparaissent aux vacances de la Toussaint. Et seuls les 30 meilleurs se hissent en seconde année. Pour épauler  aussi vite que possible les élèves égarés, l’université organise un forum chaque année à la mi-novembre pour faire découvrir un éventail de solutions : réorientation rapide, tutorat et « semestre nouveau départ ». Étalée sur cinq mois, cette formation se substitue, comme son nom l’indique, à leur deuxième semestre. Les élèves de toutes les filières y ont accès : droit, économie, langues, lettres et sciences. Elle leur permet de réfléchir à leur orientation, et de suivre une remise à niveau. Une aubaine pour se réorienter intelligemment.

 « Je sais ce que je veux faire »

Ayoub a intégré le « semestre nouveau départ » en janvier : « Je m’étais inscrit en première année de droit. Je voulais éviter un BTS qui m’aurait fermé des portes. En quelques semaines, j’ai compris que les métiers du droit n’étaient pas faits pour moi. Je me suis inscrit au « semestre nouveau départ » et, maintenant, je sais ce que je veux faire : un IUT Techniques de Commercialisation. » Le jeune homme a subi un choc en entrant à l’université : « C’était tellement différent du lycée. Ici, la plupart des profs font leur cours et disparaissent. Dans les grands amphis, on est un peu perdus. Les choix, c’est à toi de les faire. Il faut bâtir un projet clair, puis agir en conséquence. »

Au programme du « semestre nouveau départ » d’Ayoub : des ateliers qui l’aident à définir son projet professionnel, des cours de rédaction de candidatures, des oraux blancs. Plusieurs cours de remise à niveau aussi : en expression et culture, anglais, bureautique, mathématiques, économie, marketing et droit. Enfin, un stage en entreprise  pour valider son projet. La classe d’Ayoub, intitulée « filière tertiaire », compte 25 élèves. Si l’on y ajoute la « filière scientifique », cela porte à 50 le nombre d’élèves du « semestre nouveau départ ». Un tiers provient de Bacs généraux, deux tiers de Bacs spécialisés.

Responsabilité sociétale

En classe, l’alchimie fonctionne bien. Les élèves arrivent généralement sans projet clair, mais avec beaucoup de motivation. La plupart ont découvert le « semestre nouveau départ » en rendant visite au service d’orientation par eux-mêmes. « J’étais inscrit en économie, témoigne Andréa. Mais plus on avançait, plus on faisait des maths. J’ai fini par rester chez moi. Je ne voulais pas stagner, je suis quelqu’un de très rationnel. » Pour Benoît, « les profs sont vraiment là pour aider les élèves. À la fin du cours, on peut discuter avec eux 10 minutes si nécessaire. »

Les résultats sont encourageants selon Colette Gluck, directrice du service d’information et d’orientation : 60 % des étudiants sont acceptés en BTS ou en DUT. Un enseignant du « semestre nouveau départ » a d’ailleurs pu suivre ses anciens élèves en IUT« Ils se classent dans le premier tiers de leur promotion. Beaucoup sont entrés en école de commerce. Il y a peu d’endroits où l’on permet aux citoyens de rebondir de cette manière. Ce dispositif a un rôle social. »

Peut-être aussi un rôle économique, à en croire Hélène Thébault, vice-présidente de l’université chargée de l’accompagnement et de la réussite de l’étudiant. « Grâce au « semestre nouveau départ« , nous évitons probablement l’inscription de certains étudiants à Pôle emploi sans formation ni projet. Nous prenons cette responsabilité sociétale très à cœur. Il y a 15 ans, les universités ne fonctionnaient pas de cette manière. Les enseignants attendaient que l’écrémage se fasse naturellement. »

Créé en 2009 grâce aux subsides du Fonds d’expérimentation pour la jeunesse, le projet « semestre nouveau départ » a failli s’arrêter quand l’État a retiré son financement. Depuis, le conseil régional est venu à la rescousse, en finançant le quart des 60.000 euros annuels nécessaires. Pour donner sa chance à l’université à visage humain.

Photos : © Ludovic Le Couster/Picturetank

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