Le développement des réseaux sociaux a-t’il influencé le développement des grandes écoles et des universités ?

Source journaldesgrandesecoles.fr

« Quand je suis arrivé fin 2010 au poste de community manager de Reims Management School, on était à tout casser cinq en France, avec notamment ESCP Europe et la Sorbonne », se souvient Nicolas Grosse-Waechter, désormais community manager d’Euromed Management. Deux ans plus tard, les grandes écoles ont sans conteste pris le virage des réseaux sociaux. L’étude « Les réseaux sociaux et l’enseignement supérieur » réalisée en 2012 par l’agence C’est un signe révèle ainsi qu’à présent, seuls 2 % des établissements n’ont pas d’équipe dédiée aux réseaux sociaux. En 2012, est-il possible pour une école de ne pas être présente sur les réseaux sociaux ? « Je ne pense pas », répond immédiatement Nathalie Dechenaux, webmaster de l’INSA Lyon.

Communiquer autrement
« Aujourd’hui, ne pas être présent sur les réseaux sociaux, c’est vraiment se priver d’une formidable opportunité de communiquer d’une manière très différente, moins formatée et de faire passer bien plus de messages que seulement par la voie institutionnelle », constate Nathalie Dechenaux, ajoutant que sur la page Facebook de l’INSA Lyon, elle et ses collègues « n’hésitent pas à faire un peu d’humour ». Nicolas Grosse-Waechter va dans le même sens. Pour lui, l’intérêt principal des réseaux sociaux, c’est de recréer le lien école-étudiant. « Durant ma scolarité à RMS, quand j’étais à l’étranger, les liens avec l’école étaient faibles. Et une fois diplômés on a des liens avec les autres diplômés, mais pas avec l’école. » Comment changer cela ? « Certains établissements ne comprennent pas tout de suite communication en ligne, mais le community manager idéal pour moi n’apparaît que lorsqu’il y a une relation qui naît, avec un peu de vécu commun. » Ses interlocuteurs sur Facebook, Twitter et tutti quanti ? « Les élèves qui arrivent, les étudiants étrangers, les diplômés, et toutes les parties prenantes étrangères à l’école : universités partenaires, presse, entreprises… » Il ajoute : « Pour moi, c’est une manière différente d’interagir. J’aime le service. Vous ne trouvez pas d’appartement ? On va vous aider ! Si on est sympas avec les étudiants, ils auront bien vécu leur scolarité, et quand ils seront diplômés, ils donneront de l’argent à l’école, y enverront leurs enfants… Si l’on veut que dans dix ans notre école soit encore là, et qu’elle ait progressé, il faut bien qu’aujourd’hui on communique avec les personnes qui sont là. »

Plus de visibilité
Deuxième idée phare : « développer la notoriété de l’école, qu’elle soit reconnue au niveau national, mais aussi européen », selon les termes de Nathalie Dechenaux, « et en dégager une certaine atmosphère, ambiance. » Elle explique : « Il y a quelques années, on avait notre site web et en janvier 2008 on a sorti notre lettre d’information, mais on avait du mal à toucher une population plus large, à rayonner. Les réseaux sociaux ont changé la donne. Il y a vraiment manière à ce que cela bénéficie au rayonnement de l’école. » Un objectif de visibilité, donc, mais attention, en aucun cas un objectif de recrutement d’étudiants avertit Nicolas Grosse-Waechter : « Cela ne peut pas être l’objectif principal ! C’est un effet induit car la visibilité de l’école augmente, mais pas un effet direct du community management. Aller proposer à des jeunes de choisir leur formation en faisant gagner un ipad sur les réseaux sociaux, moi, je ne peux pas cautionner. » Cependant, les réseaux sociaux peuvent être utiles pour attirerl’attention de nouveaux publics. Nathalie Dechenaux évoque ainsi l’idée de  montrer une autre image de l’école d’ingénieurs aux jeunes filles encore peu nombreuses à rejoindre les filières scientifiques, ou aux lycéens qui auraient tendance à se dire que les grandes écoles, ce n’est pas pour eux.

En conclusion, les réseaux sociaux ont-ils influencé le développement des grandes écoles ?
« Les indicateurs aujourd’hui ne sont pas encore en place pour pouvoir dire : ‘‘Ça a payé’’ », avertit Nathalie Dechenaux, appuyée par Nicolas Grosse-Waechter : « Au jour d’aujourd’hui, les réseaux sociaux ont influencé pour 0,5 % le développement des grandes écoles. Parce que pour moi, c’est de la relation de long terme. Dans dix ans la moitié des élèves qui viendront s’inscrire le feront grâce aux relations construites via les réseaux sociaux pendant les dix dernières années. »

Note de l’IFFRES :

Pour approfondir votre maîtrise du web social, vous pouvez utilement participer à la formation animée par Jean-Marc Goachet, Web Manager MINES ParisTech – ARMINES

28 mars 2013 13h30-17h30 à Paris             « Développer vos ressources avec le web social »

Du on-line au off-line, médiatisation d’une fondation, d’un établissement de recherche ou de l’enseignement supérieur et continuité de la relation. La formation, à partir de cas concrets, portera sur le positionnement d’un établissement ou d’une fondation de l’enseignement supérieur ou de la recherche sur le web et sa capacité à accompagner la stratégie de développement de ses ressources privées  et à fidéliser les donateurs en exploitant les ressorts du web marketing.

Jean-Marc Goachet ,

Public concerné : délégués de fondations, communicants et marketeurs des établissements de recherche et de l’enseignement supérieur, responsables du développement des ressources, responsables du mécénat et des dons…

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